Rencontres : Bienvenue

Deux témoignages exceptionnels sur l'ensauvagement des sociétés durant la Seconde Guerre Mondiale

Ce fut un instant unique, trois jours avant la journée nationale de la Déportation du 30 avril 2017, les lycéens de la classe de 1ère C de Mme GUILHEM ont eu le privilège de rencontrer Monsieur HEISSAT, jeune patriote ayant rejoint les forces armées pour libérer la France et combattre la barbarie allemande et Monsieur MANDAVIT qui a été confronté aux exactions allemandes et russes. Une rencontre qui fait exceptionnel est à l'initiative d'une élève Lisa DUPOUY.

 

 

Rencontre au sommet avec les Pyrénéistes Jean et Pierre RAVIER

Le mardi 17 mai 2016, les élèves de la la Section Montagne ont eu le privilège de rencontrer les célèbres découvreurs de nouvelles voies dans les Pyrénées qui ont marqué l'histoire du pyrénéisme de difficulté. A vous de partager maintenant ce temps d'échanges convivial! Suite de la rencontre

Rencontre de Jacques Allaire

Le Jeudi 26 novembre 2015 de 16h à 17h, nous avons rencontré au CDI l'homme de théâtre Jacques Allaire. Il a mis en scène Le dernier contingent, représenté au Parvis le mardi 2 février 2016. Il a adapté le roman d'Alain Julien Rudefoucauld paru en 2012. Ce spectacle est proposé en soirée pour les élèves volontaires; il a été choisi par notre professeure de Français Mme Parage.

 

Les élèves : Qui êtes vous ?

Jacques Allaire : Je ne sais pas. Avant tout je suis un acteur.  Je fais des spectacles, la passion m’anime. Mes parents étaient fonctionnaires. On n’avait pas de livres, on n’avait pas le droit de regarder la télé sauf le soir quand il y avait « Au théâtre ce soir ». Ma mère nous autorisait à le regarder et je me souviens que c’était de la merde, que les histoires étaient à chier et le jeu d’acteur aussi.

LE : Pourquoi avez-vous choisi de faire ce métier ?

JA : Je ne sais pas, j’aimais bien voir jouer. Je me souviens que je mentais tout le temps à mes parents. Mes amis devaient me porter jusqu'à ma chambre quand j’étais saoul. A force cette habitude de mentir est devenue mon métier.

L.E. : Quel est votre parcours ?

J.A. : Renvoyé du conservatoire et venant d’un milieu défavorisé, j’ai obtenu avec succès mon master de philosophie.

N’étant pas accroché à l’idée de devenir professeur de philosophie à l’université, j’ai décidé  de consacrer ma vie professionnelle au théâtre. Mon parcours étant dû principalement au hasard, l’idée de travailler sur l’adolescence a germé dans mon esprit. Cherchant un livre sur ce sujet, j’ai découvert Le Dernier Contingent d’Alain Julien Rudefoucauld dans une librairie. J’ai été marqué par la couverture, représentant un adolescent vêtu d’un sweat à capuche, me rappelant intensément mon fils. Venant d’un milieu protégé, je ne comprenais pas les angoisses de mon fils, car les jeunes d’aujourd’hui ont tout. La différence de cette « vie facile » avec les ados du roman qui mènent une vie dure, comme par exemple, cette fille qui vend son corps depuis l’âge de 12 ans afin de survivre dans cette catastrophe universelle, m’a encouragé à poursuivre mon projet.

 

J.A : Combien de spectacles avez-vous mis en scène ?

J.A. : -soupir- J’étais avant tout un comédien qui n’avait pas pour objectif de devenir metteur en scène, même si, occasionnellement il m’arrivait d’écrire de petites ébauches. Tu vois, il ne m’est jamais venu l’idée de faire une production mais, je pense que dans la tête des gens il en a toujours été question. Ce n’est d’ailleurs qu’à la suite d’une demande spécifique que je me suis lancé dans la mise en scène : « le monde sait que vous êtes boulanger et non spécialiste des pâtisseries (même si parfois elles sont réussies) mais il en demande quand même et il en rachète ». En ce qui concerne mes spectacles, je ne m’attaque qu’à des préoccupations : Je suis encore en vie , spectacle muet basé sur un fait divers, Les habits neufs de l’Empereur , un conte d’Andersen et Les derniers damnés  de la Terre  de Franz Fanon traitant le sujet du racisme. Cette dernière idée m’est d’ailleurs venue à l’esprit suite aux paroles racistes rapportées par ma fille de 8 ans en revenant de l’école.  La mise en scène pour laquelle je suis ici : Le dernier Contingent  d’Alain Julien Rudefoucauld, traite elle aussi une préoccupation, à savoir, les adolescents qui n’ont pas eu la chance de bien démarrer dans la vie. Il m’a été nécessaire de faire cette mise en scène en voyant la couverture d’un livre où des adolescents arboraient un sweet à capuche, ce qui me rappela mon fils. Pour la partie technique, je dessine mes mises en scène avant de  les réaliser pour avoir une idée vraiment concrète de ce que je souhaite produire, même si, je suis assez exigeant.

 

L.E. : Pourquoi avoir adapté le roman d’Alain Julien Rudefoucauld ?

J.A. : J'ai adapté ce roman pour dénoncer la société et ses contraintes, pour raconter la vie quotidienne de ces jeunes, vivants misérablement. Je suis allé dans une librairie, un jour, et je suis tombé vraiment par hasard sur la couverture du roman d'Alain Julien Rudefoucauld, et elle m'a beaucoup frappé : deux jeunes gens y étaient représentés, et j'ai lu ce roman par la suite, et, de là, j'ai voulu adapter ce roman, et expliquer ainsi ce que ces jeunes vivent au quotidien dans la misère.

C'est l'histoire de six jeunes vivant dans la pauvreté et la misère. Le parcours de ces jeunes gens est très rude, et semé d'obstacles. Par exemple, dans ce groupe de six jeunes, une jeune fille d'environ dix-huit ans se prostitue depuis l'âge de onze ans pour subvenir à ses besoins, mais également à ceux des autres jeunes gens avec lesquels elle vit. Ou encore, un garçon qui se met à voler …

On voit à travers leur histoire que ces personnages se battent pour survivre, et quelque part pour dénoncer la société qui les a rendus aussi misérables.

D'une autre part, j'ai moi-même un fils, alors j'ai en partie également adapté le roman de Rudefoucauld pour montrer ce que des enfants vivent, dans quel milieu économique ou social. Et, personnellement, je n'aimerais pas que mon fils vive ce que ces jeunes vivent, ou ce que j'ai pu vivre à un moment donné, et pour cela je fais en sorte que mon fils ne manque de rien.

 

Les élèves : Comment avez-vous adapté le roman de Rudefoucault ?

Jacques Allaire : « L’histoire de la jeunesse me préoccupait et un jour à la librairie je suis tombé sur un livre avec des adolescents en sweet –capuche (...). J’ai donc adapté ce roman Le dernier contingent  avec de jeunes comédiens à qui j’ai laissé leur chance. C’est l’histoire de jeunes qui vivent dans la misère par exemple, un adolescent qui à l’âge de quatre ans  tournait dans  des films pornos de ses parents.

Je dessine les scènes de mes spectacles, c’est comme ça que je l’explique. Le dernier contingent est une scénographie particulière ; la cage sur scène représente la société oppressante. Les rôles sont très physiques à jouer. »

L.E.: Donnez-vous leur chance à de jeunes comédiens ? Sur quels critères les-avez-vous choisis ?

J.A. : « J’ai choisi six jeunes, entre 19 et 24 ans, les personnages du livre étant des adolescents. J’ai parcouru les onze écoles nationales de théâtre pour les trouver. Ces jeunes sont pour la première fois, comédiens professionnels après avoir fait trois ans de pratique théâtrale post-bac. Comme dans ces écoles, il n’y a que des stéréotypes : « la jolie fille », « le garçon gringalet »… j’ai alors posté un message sur Facebook pour trouver un comédien ayant une carrure imposante pour jouer le rôle de Marco, 2 mètres et une centaine de kilos ! »

 

 

 

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par NICOLAS WOZNIAK le 02 juin 2017 à 08:36

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